Témoignages de membres de la communauté

Des « membres de la communauté » participent aux rencontres de justice réparatrice comme témoins d’une démarche qui concerne toute la société par le lien social qu’elle retisse.

  •  Ce sont des gens qui ont besoin de nommer ce qui s’est passé, d’en faire part, de rencontrer une personne qui aurait provoqué ce crime-là ou une personne qui a vécu la chose. Ce que j’ai compris, c’est que les gens blessés vont blesser, et avec la justice réparatrice, on a des chances de stopper ça. Quand on pose des actes violents, on n’est pas dans l’empathie. On ne pense qu’à soi, mais les rencontres montrent que l’empathie peut renaître chez quelqu’un. On devrait pouvoir se rencontrer dans nos différences extrêmes. (Céline Bonnier, témoignage donné à l’émission Medium Large de Radio-Canada)
  • Des gens qui se rencontrent autour de la parole… J’en suis sorti tout chamboulé. C’est un long processus, extrêmement douloureux. Il faut avoir les bonnes personnes autour et c’est pour ça que le CSJR est là. (Simon Painchaud, témoignage à Salut, Bonjour sur TVA)

  • J’ai rencontré deux personnes que tout semblait opposer au premier abord… J’ai senti la peur au premier contact. De l’angoisse aussi et parfois un peu de colère… Au cours de cet échange, la personne victime a voulu essayer de comprendre pourquoi elle était devenue « une victime » mais surtout elle a pu dire haut et fort tout ce que les agressions lui avaient fait. La personne agresseur a pu entendre les souffrances de la personne victime et prendre ses responsabilités en assumant pleinement les gestes qu’il a commis. Et au moment de quitter, il s’est passé une chose incroyable… Ces deux personnes que tout opposait se sont serrées dans leur bras. C’était assez inattendu et ce n’est pas un objectif en soi de la justice réparatrice. Je ne sais pas ce qu’ils ont ressenti, mais pour moi c’est un moment d’émotion intense et j’ai voulu y voir une forme de réconciliation, de paix intérieure retrouvée. Et j’espère que ces deux personnes se sont quittées pour désormais mener une meilleure vie, où elles ont pu tourner la page et se reconstruire. (David Henry)

  • Comme représentants de la communauté, nous observons, soutenons la victime et offrons une autre perspective. J’étais impressionnée par les réactions des deux parties. Les agresseurs encourageaient les victimes à partager et ces dernières se sont vraiment ouvertes. C’est vraiment un petit bijou, à la fin j’ai vraiment vu un changement chez les victimes. Je voyais qu’une confiance s’était installée entre elles et que les rencontres avaient fait une véritable différence dans leur vie. (Cindy Ayala)

  • Vous avez marqué pour longtemps ma vie de citoyenne. Je tiens à vous dire à chacun-e un immense MERCI pour ce que vous m’avez donné à voir et à entendre.
  • Je ressors de cette aventure humaine avec vous, habitée et merveilleusement étonnée de la force de vie et la beauté en chacun et chacune de vous, force qui a permis tout ceci : J’ai été touchée de voir votre ouverture à la main qui vous a été tendue, par ces rencontres RDV. J’ai vu des peurs se transformer en plus grande confiance. J’ai vu des murs s’effriter et même, tomber. J’ai vu des préjugés laisser place à une compréhension du vécu de l’autre. J’ai vu des bras fermés, s’ouvrir jusqu’à l’accolade. J’ai vu des tremblements s’apaiser. J’ai entendu des mots de tendresse. J’ai entendu des mots d’espoir. J’ai entendu des rêves. J’ai entendu les cris d’un accouchement qui continue : comme un enfant qui est né en chacun et qui demande d’être soigné, dorloté, accompagné. J’ai été témoin d’une parole vraie, exprimée, avec beaucoup de courage malgré la difficulté : vous avez du coeur.  J’ai vu l’humain dans le meilleur de ce qu’il peut être : humble dans sa vérité.  J’ai été d’autant plus bouleversée parce que, ce que vous aviez à vous partager, était lourd : ce sont des réalités de vie qui demandent une « âme », pour les dire comme vous l’avez fait, avec respect. J’ai été bouleversée parce qu’en peu de temps, vous avez été la preuve que quand des humains se donnent les moyens, ils peuvent se rapprocher alors qu’on aurait cru cela inimaginable. C’est une grande leçon de vie et c’est vous qui me l’avez donnée. (Lucie Gravel)

  • J’ai eu le privilège d’assister à plusieurs reprises à des rencontres détenus-victimes comme membre de la communauté. Ce fut pour moi une expérience inoubliable ! J’ai été touchée par la profondeur des échanges et le grand respect entre participants. Même si les peurs étaient bien présentes en début de rencontres, un climat de confiance s’est petit à petit installé qui a permis de véritables libérations intérieures. Ma perception de mon rôle comme représentante de la communauté a évolué au fur et à mesure des séances. Au début, je souhaitais être une présence auprès des participants, leur dire que je soutenais leur démarche et les y encourageais. Puis très vite, j’ai pris conscience, en écoutant les histoires des uns et des autres, combien j’avais un rôle important dans la société comme citoyenne. J’avais à devenir vigilante dans mon quotidien à ce qui se passait dans mon entourage et mon voisinage (y avait-il une personne en détresse ? des paroles ou des gestes agressifs ? comment prendre position ?). Mon engagement citoyen s’en est trouvé aiguisé, je suis alors devenue plus attentive aux lois qui se votaient en mon nom et aux actions que je pouvais menées dans la société. Cela a éveillé en moi le désir de plus m’investir dans la justice réparatrice. (Estelle Drouvin)

  • J’ai été particulièrement touchée par les témoignages que j’ai eu le privilège d’entendre. Ce que j’ai entendu était marqué par la sincérité et la volonté d’aider l’autre. Les personnes se sont dévoilées, se sont fait confiance et ont cheminé ensemble sans pour autant se confondre. Mais, au-delà des récits de vie très touchants, des émotions mises à jour, ce qui m’a beaucoup impressionnée c’est de voir les barrières tomber. Dans ces rencontres, les stéréotypes s’écroulent : il n’y a plus d’un côté la victime et de l’autre le délinquant; il y a juste deux êtres humains qui s’engagent sur la voie de la réparation; qui sont prêts à communiquer avec l’autre pour essayer de sortir du chemin forgé par le restant de la société; un chemin dichotomique qui use et abuse des stigmatisations et qui rend difficile le retour à la Vie. Le retour à sa Vie. (Caroline Apotheloz)

  • Pour moi, représenter la communauté lors de rencontres entre offenseurs et offensés sous tend deux qualités/compétences à développer : le sens de l’écoute et de l’empathie. Familiarisée à l’accompagnement de délinquants, cette rencontre m’a permis de renforcer l’idée que pour diminuer le nombre de victimes quantitativement, il faut continuer à accompagner qualitativement offenseurs et offensés. Plus globalement, les participants ont démontré que l’Homme est avant tout un être humain avec ses forces et ses faiblesses. La rencontre a alors permis à chacun des participants de mettre jugements et stéréotypes de côté dans un objectif commun: mieux comprendre pour mieux se comprendre. (Stéphanie Destribats)

  • Oui, en prison il y a des gens qui font des démarches signifiantes. Des détenus prennent conscience du mal qu’ils ont causé et se sentent prêts à rencontrer des victimes. Comme représentant de la communauté, j’ai été témoin d’une telle rencontre j’ai fait partie de la démarche, j’y ai observé d’une semaine à l’autre des changements chez les détenus et aussi chez les victimes. Depuis je suis impliqué comme bénévole dans le domaine de la réinsertion sociale. Je crois à cette approche pour le bien de tous. Je suis convaincu de participer à la construction d’une meilleure société, une société sans perdants. (Claude Messier)

 

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