


Toutes les personnes qui subissent encore les conséquences d’un acte criminel passé peuvent participer à nos rencontres. Qu’elles soient victimes primaires ou secondaires; que ce soit des offenseurs ayant déjà purgé leur peine ou qu’ils la purgent dans la collectivité, qu’ils soient en libération conditionnelle ou incarcérés.
Certains RDV regroupent des victimes d’incestes et des pédophiles. D’autres sont ouverts à des victimes de tout autre crime (agression sexuelle, vol, fraude etc…) et des offenseurs ayant commis des crimes semblables.
En plus des quatre offenseurs et des quatre victimes, deux animateurs et deux représentants de la communauté sont présents aux rencontres. Tous interviennent de manière bénévole.
Le rôle des animateurs consistent essentiellement à encadrer les discussions et à s’assurer du bon déroulement des échanges, dans un climat de respect et de sécurité.
Quant aux représentants de la communauté, ils sont témoins du processus qui se vit, mais ont toujours la possibilité d’apporter leur contribution comme citoyens sur les échanges entre les différentes parties.
Les RDV consistent en une série de 5 à 7 rencontres hebdomadaires, d’une durée d’environ 3 heures chacune. Chaque rencontre aborde un thème différent sur lequel les participants sont invités à échanger ou parte du témoignage de l’un ou l’autre.
Une activité à réaliser chez soi est proposée entre chaque rencontre. Celle-ci donne l’avantage aux participants de se préparer à la rencontre de la semaine suivante.
En plus d’accepter de respecter l’anonymat des participants et la confidentialité du contenu des rencontres, les participants doivent s’inscrire volontairement et librement, avoir des motivations clairement identifiées et réalistes ainsi qu’un désir sincère de s’engager dans la série de rencontres.
Il est important que les participants puissent comprendre et verbaliser les conséquences du crime dans leur vie. Pour ce qui est des offenseurs, il est nécessaire qu’ils reconnaissent leur culpabilité, soient capables d’empathie et manifestent le désir de changer leurs comportements délictuels.
Il est aussi important que les participants aient un soutien extérieur (ami, parents, famille, groupe de soutien ou de fraternité genre AA, etc…) et si possible, un soutien thérapeutique idéalement préétabli, régulier et accessible tout au long des rencontres. Si ce n’est pas le cas, le CSJR leur proposera une manière d’en obtenir.
Tout au long du processus RDV, les animateurs restent disponibles pour les participants entre les rencontres afin de leur apporter leur support en cas de besoin. Ils se réservent le droit de contacter les participants s’ils ont noté qu’un ou plusieurs d’entre eux, manifestai(en)t des difficultés et ils le(s) réfèrent alors à toute personne compétente.
Il est parfois avancé que la justice réparatrice risque de revictimiser la victime. L’expérience nous montre que cela n’est pas le cas. Il arrive en effet qu’en témoignant, des émotions telles que la colère remontent. Mais cette traversée, qui peut être vécue douloureusement, est en fait une libération.
Il est important de noter que le CSJR a mis sur pied une procédure de sélection rigoureuse. Les entrevues individuelles permettent de juger si la personne désirant participer aux RDV rencontre les conditions de participation; si elle possède les outils nécessaires pour faire face à ce genre de situation et si elle ne présente pas des conditions psychologiques pouvant lui nuire pendant et après les rencontres.
À la fin de chaque rencontre, les participants se rassemblent en sous-groupe afin d’effectuer un retour sur la séance et se libérer avant de quitter les lieux, de ce qu’ils n’ont pu ou voulu dire au cours de la rencontre. Les deux animateurs sont dûment formés, et l’un d’entre eux au moins a une expérience reconnue en relation d’aide ou psychothérapie.
De 2005 à 2008, les Services correctionnels du Canada ont commandé des études au CSJR sur l’impact des RDV sur les participants.
Ces études révèlent notamment qu’une importante majorité des victimes a pu noter une baisse des émotions négatives qui les habitaient depuis la réalisation du crime, tout comme de la haine qu’elles pouvaient entretenir envers leur(s) agresseur(s). Pour une toute aussi grande majorité, les victimes ont indiqué que les RDV les ont aidées à sortir de leur victimisation.
Du côté des offenseurs, la plupart des participants interrogés ont mentionnés que les RDV leur ont permis de comprendre ce au travers quoi les victimes ont du passer à cause du crime qu’elles ont subi et ainsi, comprendre les torts qu’ils ont causés à leur propre victime. Une grande majorité des répondants ont considéré que les RDV les ont aidés à ne pas récidiver.
Finalement, l’ensemble tant les victimes que les offenseurs conseilleraient les RDV à des individus vivant une situation similaire à la leur.
Non. Il est primordial pour le CSJR que les offenseurs ne bénéficient d’aucun avantage du simple fait de leur participation aux RDV. Il ne s'agit pas d'un programme qui permet d'accélérer leur libération.
Actuellement, ce service est offert gratuitement. Les coûts reliés à ce programme sont pris en charge par le CSJR.
Les RDV, qui ont lieu dans la grande région de Montréal, se déroulent soit dans la communauté, soit en milieu carcéral.
Lorsqu’elles se déroulent en communauté, elles ont eu lieu jusqu’à présent au local du CSJR. Les offenseurs qui y participent purgent leur peine dans la communauté (maison de transition) ou sont allés au bout de leur sentence. Il y a également eu des rencontres à Repentigny avec les bénéficiaires de l'organisme Parents Unis.
Lorsqu’elles ont lieu en milieu carcéral, les offenseurs qui participent à ces rencontres sont alors les résidents de l’établissement dans lequel les RDV ont lieu. Depuis l’origine du CSJR, des RDV ont eu lieu aux endroits suivants: Établissement Archambault, Établissement Leclerc, Établissement Montée St-François, Centre fédéral de formation.
Le CSJR n’est pas un organisme confessionnel, mais il reconnait la dimension holistique de la personne. Si des participants souhaitent mentionner l’importance de leur spiritualité ou de leur foi dans leur processus de guérison, ils sont accueillis avec respect. De leur côté, les animateurs adoptent une attitude neutre. Le pardon, entendu au sens religieux ou séculier, n’est pas en soi un objectif des RDV, mais il arrive que certains participants y voient une étape finale de leur processus de libération.
Dans certains établissements de détention, l’aumônier est la personne qui centralise les demandes provenant des personnes détenues, et il peut arriver qu’il participe comme observateur aux rencontres. Mais aucune préférence dans le choix des personnes n’est faite sur une base religieuse.